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L’actuel manoir de l’Abbaye
est une maison de réceptions qui fut aménagée
au début du siècle dernier dans les anciens bâtiments
d’exploitation de l’Abbaye bénédictine
de Saint Victor en Caux. C’est cette Abbaye aujourd’hui
ruinée qui a donné son nom au village : Saint Victor
l’Abbaye.

Vue aérienne
du domaine de l'Abbaye de Saint Victor.
Carrefour d’anciennes voies
romaines, le site de Saint Victor, stratégique, garde des
traces d’occupations très antérieures à
notre ère.
Il est dominé autour de l’an mil, par la forteresse
des sires de Mortemer, édifiée sur une butte artificielle
(motte féodale toujours bien visible au fond du parc)
En 1051 (ou 1071 ?) le prêtre Tormond y reçoit les
reliques de Saint Victor de Marseille : il fait alors bâtir
sur ces lieux une église collégiale, qui devient
bientôt prieurale, placée sous la tutelle de Saint
Ouen de Rouen.

Statue de Guillaume
le Conquérant (Eglise de Saint Victor l'abbaye)

En 1074, à la prière
de Roger de Mortemer, seigneur du Lieu et compagnon du duc-roi
Guillaume-le-Conquérant, et avec le consentement de celui-ci,
l’Archevêque de Rouen, Jean d’Avranches, érige
le prieuré de Saint Victor en Caux en Abbaye obéissant
à la règle de Saint Benoit.
De 1074 à 1790, ce sont 41
abbés, portant le titre de Barons de Saint Victor qui se
succèderont au gouvernement de l’Abbaye qui est doté
de nombreux revenus. Mais, outre les vicissitudes ordinaires de
l’histoire, la communauté monastique de Saint Victor
doit affronter un conflit plus ravageur que les guerres : le procès
qui l’oppose à l’Abbaye Saint Ouen de Rouen,
laquelle obtint finalement gain de cause…causant la ruine
de Saint Victor.
Ainsi comprend t-on que Saint Victor en Caux, très prospère
aux XIIè – XIVè siècles, connaisse
un déclin irrémédiable, malgré diverses
tentatives de restaurations méritoires… Le dernier
religieux résidant y meurt vers 1720.
De la riche fondation religieuse
il ne reste plus que quelques fondations, une colonne et une partie
du cloître.

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